Symbole de rêve
Fille

Fille en rêve : signification et interprétation

Ce que signifie rêver de sa fille épanouie ou en détresse, et comment différentes traditions lisent cette figure protectrice.

La fille en rêve porte souvent une charge émotionnelle légèrement différente de celle du fils : moins associée à la continuité du nom dans certaines traditions, elle est plus fréquemment lue comme le miroir d'une tendresse protectrice, ou comme le reflet d'une part de soi-même que le rêveur souhaite voir s'épanouir librement.

Une fille heureuse, épanouie ou qui prend son indépendance. Ce motif traduit en général une joie sincère face à une autonomie nouvellement acquise — celle de la fille elle-même, ou par identification, celle que le rêveur souhaiterait aussi pour lui-même.

Une fille en détresse, malade, ou qu'on cherche à protéger d'un danger. Ce motif évoque plutôt une inquiétude protectrice exacerbée, parfois disproportionnée par rapport au danger réel — le signe d'un rêveur qui craint de ne pas pouvoir garantir la sécurité de quelqu'un à qui il tient plus qu'à lui-même.

Une fille qui a un autre âge que dans la vie éveillée — enfant alors qu'elle est adulte, adulte alors qu'elle est enfant. Ce motif est fréquent et rarement raconté comme tel. Le décalage d'âge indique généralement à quel moment de la relation le rêveur est resté, ou vers lequel il regarde déjà avec appréhension.

Rêver d'une fille alors qu'on n'en a pas. Ce motif ne se lit pas comme une annonce. Il porte le plus souvent sur une part du rêveur lui-même, encore en formation et à laquelle il tient, ou sur une responsabilité qu'il pressent sans l'avoir prise.

Regards croisés des traditions

Le matériau est ici abondant, précis, et centré sur quelque chose que la tradition dit d'elle-même. Le Coran s'adresse directement au mépris préislamique pour les filles — l'homme dont le visage s'assombrit à l'annonce d'une naissance féminine, et la petite fille enterrée vivante à qui il est demandé pour quel péché elle a été tuée —, et il le fait sur le mode de la condamnation. Sur ce fond, ce que la tradition dit des filles n'est pas une tendresse neutre mais le renversement explicite d'une évaluation antérieure : un hadith largement rapporté tient que celui à qui des filles sont confiées et qui se conduit bien envers elles y trouvera un écran contre le Feu.

La direction de lecture est donc celle d'une bénédiction liée à une charge : la fille est lue comme une miséricorde et comme une responsabilité confiée dont l'acquittement fait lui-même le mérite — registre différent de celui du fils, qui porte sur la continuité, le nom et la capacité. La convention rapportée dans les recueils va dans le même sens paradoxal : l'enfant de sexe féminin vu en rêve y est lu vers la joie et le soulagement (faraḥ, surūr), et l'enfant mâle, dans la même convention, vers le souci et la préoccupation. Cela va à l'encontre de ce qu'un lecteur attend de cette tradition, et c'est pourtant sa propre convention ; elle est très répandue dans les résumés de recueils et rapportée ici sans être adossée à une entrée vérifiée. Fatima, enfin, est la fille par excellence de la dévotion musulmane, et le rappeler est un fait de culture qui ne prête à aucune discussion.

L'attribution demande ici de la précision, et une lecture répandue gagne à être resserrée plutôt que corrigée. L'anima est, chez Jung, la figure intérieure de l'autre sexe chez un homme : une fille porteuse d'une projection d'anima est donc une lecture proprement jungienne pour un rêveur masculin — Jung a écrit sur l'anima du père qui vient se poser sur la fille et sur ce que cela coûte à celle-ci. Énoncée sans préciser qui rêve, la même phrase devient vraie pour la moitié des lecteurs et fausse pour l'autre.

Pour une rêveuse, la figure exacte est la Coré, et elle est également de lui : dans son essai qui lui est consacré, Jung traite la jeune fille apparaissant dans les rêves d'une femme comme un aspect du Soi de la rêveuse elle-même, dans un dédoublement où celle-ci est à la fois l'aînée et la plus jeune. Le même texte porte sa formulation du couple mère-fille comme expérience de continuité entre les générations — chaque mère contenant sa fille et chaque fille sa mère, une femme vivant en arrière dans sa mère et en avant dans sa fille. C'est le meilleur matériau analytique dont dispose ce symbole. La lecture plus générale d'une capacité tendre encore en formation, que porte l'école dans son ensemble, n'a pas besoin d'être remplacée : la Coré lui donne une source.

Le matériau chinois sur les filles est divisé contre lui-même, et les deux versants sont vivants. L'ancrage classique est précis : l'ode dite Sigan, dans le Classique des vers — la même que ce dictionnaire cite déjà à propos du serpent — donne les présages de naissance, et la moitié qui appartient à cette page est celle des jouets. Au nouveau-né mâle on donne du jade à manier, à la nouvelle-née une fusaïole de terre cuite ; de là viennent les deux formules de félicitations encore employées aujourd'hui, la joie du jade pour un fils (弄璋之喜, nòng zhāng zhī xǐ) et la joie de la terre cuite pour une fille (弄瓦之喜, nòng wǎ zhī xǐ). Ce sont des joies dans les deux cas — le mot est le même —, et les matières ne sont pas les mêmes. La paire dit la chaleur et la hiérarchie d'un seul souffle, ce qu'aucune des deux moitiés ne dirait seule.

Le versant dépréciatif est réel et sa force est le dédain, non la tendresse : l'attitude porte un nom dans la langue — priser le garçon et tenir la fille pour peu (重男轻女, zhòng nán qīng nǚ) —, et un vieux dicton, aujourd'hui cité pour ce qu'il était plutôt qu'affirmé, comparait la fille mariée à de l'eau qu'on a versée dehors. C'est une observation sur l'économie de la lignée paternelle, et en aucun cas une règle d'interprétation des rêves ; ce dicton-là n'est pas reproduit ici, parce que sa charge, en chinois d'aujourd'hui, est le mépris et non la nostalgie.

Le versant chaleureux est tout aussi courant : une fille est ordinairement appelée la petite veste ouatée de ses parents (贴心小棉袄, tiē xīn xiǎo mián'ǎo), celle qui tient chaud contre la peau, et l'on désigne poliment la fille d'autrui par une expression qui signifie « mille pièces d'or ». Une même langue appelle une fille mille pièces d'or et de l'eau versée : ce n'est pas une incohérence, c'est deux époques portées ensemble. L'espoir qu'on met dans les enfants se dit d'ailleurs des deux à la fois — que le fils devienne dragon, que la fille devienne phénix (望子成龙,望女成凤, wàng zǐ chéng lóng, wàng nǚ chéng fèng). Le registre des recueils, lui, est bref : des lectures de la forme « voir sa fille bien portante et à son aise », vers l'harmonie du foyer.

Votre rêve était différent ?

Racontez-nous exactement ce que vous avez vu — notre IA finement entraînée analysera chaque détail et nuance de votre rêve.

Obtenir une lecture personnelle